LITTERATTURE D'IMMIGRATION

ECRIS

Putain de corps sans patrie” : le cas de Place des fêtes de Sami Tchak

Sociologue de formation, l’écrivain togolais Sami Tchak

, établi en France depuis plus de vingt ans, après avoir commis plusieurs essais, notamment sur la sexualité en Afrique et la prostitution à Cuba, entre véritablement en littérature avec Place des fêtes32, roman provocateur, dérangeant et qui bouleversera à jamais le paysage littéraire africain. Dans ce roman, il est question d’un jeune homme résidant en banlieue parisienne et né “ici” de parents “nés là-bas”. C’est effectivement le sort de bien des enfants d’immigrés en France.
Au travers de la narration de son cocasse quotidien, se met en place un questionnement fondamental sur l’identité, sur la condition de ces enfants qui ont irrémédiablement “le cul entre deux chaises”. Le retour sur l’expérience d’immigration du père entrevue au départ comme une victoire est un passage criant de cette schizophrénie qui instaure le mal-être des immigrés à la fois au sein de la société d’accueil et auprès de la famille restées au pays : “Papa, tu as de gros problèmes, de gros soucis de fric. Travail précaire, chômage, dépendance aux aides sociales, logement de porcs, pas de divertissement. Amertume dans la mesure où ton avenir est à jamais compromis par ton âge trop mûr comme un kiwi pourri. Papa, tu es mort pour les tiens de là-bas http://genericoitalia.it/. Mais oui ! Tu ne réponds plus à leurs lettres parce que tu ne peux plus rien pour eux. Or, tu n’existais que par l’argent que tu envoyais. Tu t’es retiré dans un silence de cadavre. Alors que la société française se refuse à toi, tu perds ton village et ton Afrique. L’Afrique, le pays natal, la famille, les parents, etc., tout cela devient une réalité bien lointaine. Douleur de l’exil forcé ou choisi.

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