La nécessaire réhabilitation du personnage subsaharien ou afrodescendant

Sans-titre-2Pour la romancière camerounaise Léonora Miano, “la littérature est universelle quels que soient les thématiques abordées, les décors ou cultures présentés, dans la mesure où, se focalisant sur l’humain, elle évoque ce que tous ont en partage”. Elle ajoute que “les textes produits par les écrivains subsahariens sont perçus comme spécifiques en raison d’un point de vue eurocentré, qui peine à se projeter dans l’expérience des autres. En créant les catégories raciales dans lesquelles nous sommes encore englués – peut-être définitivement –, l’Occident s’est inventé une vision de lui-même qui l’empêche de reconnaître ses traits dans ceux des autres”.

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Autres corpus, autres visions

Sans-titre-3Nous avons choisi ici et à titre d’exemple les écrivains les plus représentatifs de ces nouvelles écritures de soi, qui sont autant de questionnements identitaires induits par les littératures d’immigration ici traitées. Il s’en dégage, par ailleurs, une vision assez pessimiste du statut de l’immigré africain en France, qui apparaît finalement comme étant rejeté de toutes parts. Seuls les personnages féminins semblent pouvoir en tirer parti, en termes d’éducation, par exemple, chose à laquelle elles ont rarement accès dans leur pays d’origine.

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“Putain de corps sans patrie” : le cas de Place des fêtes de Sami Tchak

Sans-titre-7Sociologue de formation, l’écrivain togolais Sami Tchak, établi en France depuis plus de vingt ans, après avoir commis plusieurs essais, notamment sur la sexualité en Afrique et la prostitution à Cuba, entre véritablement en littérature avec Place des fêtes32, roman provocateur, dérangeant et qui bouleversera à jamais le paysage littéraire africain. Dans ce roman, il est question d’un jeune homme résidant en banlieue parisienne et né “ici” de parents “nés là-bas”. C’est effectivement le sort de bien des enfants d’immigrés en France.

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Fatou Diome ou la géographie d’une œuvre de part et d’autre de l’Atlantique

Sans-titre-6Devenue strasbourgeoise par suite d’un mariage avec un Français, l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome a fait une entrée remarquée en littérature avec un recueil de nouvelles intitulé La Préférence nationale28, qui se construit autour de deux espaces géographiques : le Sénégal, d’un côté, et la France, de l’autre. Cette dichotomie et ce balancement n’auront de cesse, par la suite, de s’inscrire dans l’œuvre de la romancière. Mais encore faut-il souligner qu’il n’est nullement question d’une vision manichéenne des choses, entre les résurgences d’une Afrique idyllique et la description d’une société française peu encline à sympathiser avec ses ressortissants étrangers.

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De Bleu-Blanc-Rouge à Black Bazar : les tribulations d’un Congolais à Paris

Sans-titre-4De la même génération que Beyala et né au Congo-Brazzaville, le romancier, poète et essayiste Alain Mabanckou est véritablement entré en littérature, après la publication de plusieurs recueils de poésie, avec un archétype du roman d’immigration – il ne savait alors pas encore qu’il contribuait à l’élaboration d’une nouvelle mouvance littéraire – en 1998 : c’est l’année de publication de Bleu-Blanc-Rouge26, son premier roman. Il y dépeint les déboires du jeune Massala-Massala, un Africain naïf et peu instruit qui débarque à Paris dans le but de réaliser son rêve de réussite, à l’instar de l’un des “grands” du quartier, le dénommé Charles Moki.

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Calixthe Beyala : de Douala à Belleville

Sans-titre-5Originaire de Douala, l’essayiste et romancière camerounaise Calixthe Beyala, très tôt séparée de sa mère, a grandi au Cameroun élevée par sa grand-mère dans une grande précarité. Ses prédispositions intellectuelles, qu’elle affiche dès l’école primaire, la conduisent très vite à faire des études supérieures en France, où elle s’installe définitivement à l’âge de 24 ans. Aujourd’hui composée d’une quinzaine de romans et de quelques essais, son œuvre s’est affirmée d’emblée sous les couleurs d’un féminisme exacerbé, notamment avec C’est le soleil qui m’a brûlée23, son premier roman, dans lequel elle peint les déboires de la survivance de la société patriarcale et la révolte d’Ateba, prostituée qui assassine, à bout d’humiliation, l’un de ses clients.

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